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Le film noir dans le jeu vidéo : ce que le rétro nous a laissé

Comment la voix off, le clair-obscur et la femme fatale sont passés du cinéma noir aux jeux que l'on ressort aujourd'hui à la maison.

Un jeu vidéo est « noir » quand il tient du film noir ses marqueurs précis : une voix off qui commente et parfois ment, une ville éclairée en clair-obscur, une enquête qui salit celui qui la mène. Le style né au cinéma américain des années 1940 a trouvé dans le jeu un second décor, et le rétro-gaming en est aujourd'hui le musée jouable. Pour les marqueurs du style avant d'en chercher la trace dans les jeux, The Noir Dossier donne le film noir expliqué chapitre par chapitre.

Un bar a bornes d'arcade un samedi soir, rangee de bornes aux marquees colores sous des ampoules chaudes, contre-jour sur les joueurs
Contre-jour, enseignes et silhouette qui attend son tour : l'arcade a toujours eu son cote clair-obscur.

Qu'est-ce qui fait qu'un jeu vidéo peut être dit noir au sens du film noir ?

Quatre signes suffisent à poser le diagnostic. La voix off d'abord : un personnage raconte sa propre affaire, et le joueur apprend à se méfier de ce qu'il entend. La lumière ensuite : pas de gris moyen, des blocs de noir et des traits de blanc, la ville découpée en menaces. La ville elle-même, décor dense où chaque rue semble savoir quelque chose. Et la fatalité : une affaire qui se referme sur celui qui croyait la résoudre.

Pour poser proprement ces marqueurs avant d'en chercher la trace dans les jeux, le salon renvoie au dossier qui fait ce travail : The Noir Dossier, guide de terrain non commercial, en douze courts chapitres, des origines expressionnistes jusqu'à son chapitre sur le noir hors du cinéma, jeux compris. Chaque chapitre répond à une question et se lit en moins de dix minutes : exactement le format d'une bonne notice d'ardoise.

Quels jeux reprennent la voix off et la ville comme décor dense ?

La tradition est plus longue que sa réputation. Les aventures de détective des années 1990 avaient déjà la voix lasse et l'affaire tordue ; les grandes séries de l'ère 3D ont repris la confession en voix off, la ville pluvieuse et le héros que son enquête abîme ; et la scène indépendante a gardé le clair-obscur vivant sous d'autres formes, du détective d'assurance au polar dessiné. Le joueur rétro qui veut entendre la voix off dans son jus retourne aux jeux qui la plaçaient au centre de la mécanique, pas seulement dans les cinématiques : ceux où raconter et jouer sont le même geste.

Par où commencer pour comprendre le style dont ils héritent ?

Par le cinéma, simplement. La page Film noir de l'encyclopédie en ligne donne la carte du territoire, dates, films et débats de définition compris, et la liste de dix titres essentiels du dossier cité plus haut fait le reste. Ensuite seulement, retour aux jeux : on rejoue différemment une enquête quand on sait d'où viennent sa voix et sa pénombre.

Et le disque dans tout ça ?

La musique a suivi la même migration : les partitions de jazz et de cordes qui enveloppaient les films noirs ont trouvé leurs descendantes dans les bandes son de jeu, dont certaines sortent aujourd'hui en disque, ce que raconte notre dossier sur les bandes son de jeux vidéo en vinyle. Et pour les soirs où la voix off demande une vraie pénombre, la nuit de l'arcade d'horreur du calendrier de la maison sait déjà baisser les lumières.

Sources principales : The Noir Dossier (sitenoir.com), article encyclopédique « Film noir », histoire publique du polar interactif. Films, jeux et marques cités appartiennent à leurs ayants droit.

: Luca · plume de la maison, voix off comprise, fatalité en option